KaoriYuki

2014 Interview pour le magazine français Japan Lifestyle


Interview de Kaori Yuki - Japan Lifestyle


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Japan Lifestyle n°32

Paru le 19 mars 2014
Magazine trimestriel de
pop culture japonaise

Kaori Yuki, la prêtresse du dark shôjo

En presque 30 ans de carrière, Kaori Yuki a inspiré plus de deux générations de mangaka féminines. Toujours aussi prolifique, elle nous revient avec Devil's Lost Soul et sera l'invitée d'honneur du Salon du livre 2014.

1. Qu'est-ce qui vous a poussée à devenir mangaka ?

J'adore dessiner depuis que je suis petite. J'aimais lire les magazines de manga achetés par mes parents. Les mangaka me faisaient rêver.

2. Vous avez 27 ans de carrière : quel est pour vous le meilleur souvenir de production ?

Mon meilleur souvenir, c'est cette fête organisée à la Tour d'argent de l'hôtel New Otani pour célébrer mes 10 millions d'exemplaires vendus. C'est comme un souvenir d'un autre monde...

3. Et le pire ?

le pire souvenir, ce sont les périodes pendant lesquelles j'avais tellement de travail que je ne pouvais pas du tout me reposer. J'avais tout le temps sommeil, c'était très dur. Il m'est arrivé de ne pas sortir de chez moi pendant deux semaines tellement j'avais de travail.

4. Vous traitez de sujets très variés : comment procédez-vous pour faire vos choix ?

Je me renseigne déjà sur les époques ou les mondes qui m'intéressent. Cela me donne ensuite des idées d'histoires intéressantes.

5. Comment faites-vous pour vous renouveler, aussi bien graphiquement que dans les histoires ?

Je nourris ma créativité par des exercices de dessin du corps humain, en regardant des films ou en lisant des livres.

6. Comment travaillez-vous ?

J'écris d'abord les grandes lignes de l'histoire sous forme de texte, puis je m'attaque au design des personnages. Je définis leurs caractéristiques et je les fais bouger en fonction de ces critères. Je fais ensuite la mise en cases, j'intègre les répliques pour créer un story-board jusqu'à ce que j'obtienne l'accord de mon éditeur. Quand j'ai son "OK", j'encre le tout et je peaufine les pages.

7. Que trouve-t-on sur votre table à dessin ?

Sur ma table de travail, j'ai une table lumineuse et un PC.

8. Avez-vous rencontré des difficultés en travaillant sur Devil's Lost Soul ?

J'ai eu du mal à trouver ce que je cherchais dans la documentation sur l'époque où commence l'histoire. Dessiner les kimonos japonais est difficile.

9. Pensez-vous que ce titre puisse être défini comme une icône du manga gothique ?

C'est la première fois qu'on me dit que c'est une œuvre représentative du manga gothique. Pour ma part, je pense que c'est une œuvre avec une touche gothique plutôt que du gothique pur et dur. En tout cas, j'aime ce type d'univers et j'aimerais continuer dans ce genre-là.

10. Le manga a évolué depuis vos débuts : vous en pensez quoi ?

Le manga s'est popularisé, mais il se trouve toujours plutôt en bas de l'échelle culturelle. Ses auteurs conservent aussi cette image peu sérieuse...

11. Avez-vous déjà envisagé de travailler pour ou à l'étranger ?

Je n'ai jamais envisagé de travailler pour ou à l'étranger. Non, je n'en ressens pas le besoin.

12. Un mot sur vos nouveaux projets ?

Je vais de nouveau m'atteler à un monde que j'adore. Préparez-vous !

13. Votre manga / référence littéraire / influence ?

Les contes de Grimm, les livres sur les anges, Alice au pays des merveilles... Je suis aussi influencée par des films.

14. Votre proverbe fétiche ?

« Pour accomplir quelque chose, il faut bien se lancer. » (NDLT : expression japonaise qui est à peu près l'équivalent de « Qui ne tente rien n'a rien ».)

15. Ce que vous aimez dans un manga ?

J'aime les moments de réflexion sur l'histoire, et aussi la lecture du livre une fois sorti. Je laisse un peu de temps passer pour le lire à tête reposée.

16. Ce que vous n'aimez pas faire dans un manga ?

Dessiner le story-board (NDLR : faire le découpage par cases, écrire les répliques, dessiner les roughs) est tellement difficile que lorsque cette étape est terminée, je me sens soulagée comme si j'avais fini de dessiner le chapitre.

17. Une gourmandise qui vous fait du bien en toute circonstance ?

Le "melon pan" (NDLT : la brioche au melon) tout juste sorti du four.

18. Un défaut qui ne vous dérange pas ?

Je suis lente pour les départs de course. Je n'ai jamais réussi à corriger ce défaut.

19. Un défaut que vous avez du mal à accepter ?

Ma paresse et ma gloutonnerie.

20. Votre plus grande peur ?

Ne plus pouvoir dessiner pour raisons de santé. Et le monde qui attend les enfants d'aujourd'hui.



Propos recueillis par Viky - Remerciements à Pika Edition




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